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25 août 2021

Entreprise à impact, de quoi parle-t-on ?

Entreprise à impact, de quoi parle-t-on ?
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Depuis 2021, l’impact est devenu omniprésent dans le vocabulaire courant de l’entreprise. Cela tombe bien, à Impact France, nous travaillons pour que l’économie à impact devienne la norme. Mais avec la banalisation du sujet, un certain flou perdure sur ce qu’est vraiment une entreprise à impact.

Pour aider les dirigeants à trier le vrai du faux, ne manquez pas notre Masterclass l’Impact pour les Nuls. Sinon, retrouvez dans cet article tout ce qu’il faut savoir pour identifier et comprendre ce qu’est une entreprise à impact.

"Avoir une démarche RSE, c’est déjà être une entreprise à impact"

FAUX ! Premier mythe à déconstruire : une politique RSE n’est pas une politique d’impact. La RSE, ou responsabilité sociétale de l’entreprise, c’est la limitation des externalités négatives de l’entreprise. A l’origine, dans les années 1980, la RSE se confondait avec la philanthropie et le mécénat. C’est l’exemple des chaines de fast-food qui créent ou soutiennent des fondations qui lutte contre l’obésité. Avec la RSE, les entreprises interrogent les externalités de leur activité et se donnent pour objectif de les réduire. Kering, groupe de luxe international, est reconnu comme un champion de la RSE. Le groupe forme ainsi l’ensemble de ses collaborateurs à l’éthique (respect des droits humains, lutte contre la corruption, …).

Mais limiter ses effets négatifs est bien différent de développer un impact positif : cette dernière démarche suppose de participer de façon directe à l’amélioration de la société en répondant à de grands objectifs internationaux tels que les ODD des Nations unies ou ceux de l’accord de Paris pour lutter contre le réchauffement climatique.

La définition et l’ambition de la RSE est donc bien différente de celle de l’entreprise à impact. En effet, une démarche RSE n’a pas pour objectif de remettre en question le modèle économique de l’entreprise.  Autrement dit, pour être une entreprise à impact, il ne s’agit pas seulement de limiter ses effets négatifs, mais d’en créer de positifs sur l’environnement et les personnes.

ESG + RSE = entreprise à impact ?

FAUX ! On appelle par critères ESG, tout ce qui relève de l’Environnemental, du Social et de la Gouvernance. On parle souvent de “critères ESG” puisque ce concept est principalement mobilisé lors du reporting. Les critères ESG permettent à une entreprise d’analyser ses externalités négatives sur l’environnemental et le social, ainsi que ses pratiques de gouvernance. Ce reporting permet donc d’identifier les points négatifs d’une entreprise, et ouvre la voie à un travail d’amélioration. C’est par exemple ce que propose de faire la plateforme Impact du Gouvernement. Lancée par Olivia Grégoire, elle permet tout simplement aux entreprises de publier leurs données ESG. Le Mouvement Impact France s’était interrogé sur la différence entre l’ESG et l’entreprise à impact au moment de la sortie de la plateforme.  

L’ESG n’est pas tant une pratique qu’une grille d’analyse permettant de mesurer. Combiner cette analyse à une politique RSE ne fait donc pas une entreprise à impact.

"Entreprise à mission, entreprise à impact, c’est pareil"

FAUX ! Là aussi, il faut prendre le temps de bien comprendre ce qu’est une entreprise à mission pour comprendre la différence avec une entreprise à impact. Depuis la Loi Pacte de 2019, les entreprises peuvent se doter d’une mission : une raison d’être inscrite dans les statuts. Cette mission sera recherchée au même niveau que l’objectif financier. Devenir une entreprise à mission suppose une réelle réflexion sur la stratégie même de l’entreprise, il ne s’agit pas d’un slogan ou d’une phrase abstraite mais bien d’une vision, d’un cap vers lequel l’entreprise, par son cœur d’action, s’engage à tendre. Pour contrôler ceci, les entreprises à mission doivent se doter d’un Comité de mission indépendant.  

Emery Jacquillat, Président de la Camif est un pionnier de l'entreprise à mission

En France, la Camif fait figure de pionnière au sein de la Communauté des entreprises à mission. Son dirigeant Emery Jacquillat a rapidement engagé la Camif dans une démarche vertueuse pour concevoir des meubles “au bénéfice de l’Homme et de la planète”.  

La force de l’entreprise à mission, c’est que la poursuite de sa raison d’être est inscrite dans les statuts. Cela signifie que la mission est juridiquement opposable, sa poursuite n’est pas facultative, elle se situe au même niveau que la recherche de profits.  

La principale différence avec une entreprise à impact est la place donnée à la mission sociale ou écologique. Une entreprise à mission consacre une partie de ses ressources à une mission vertueuse. Son cœur d'activité ne s'inscrit pas non plus dans les objectifs de développement durable.

Mais alors qu’est-ce qui fait la spécificité d’une entreprise à impact ?

Entreprise à impact : éléments de définition

L’entreprise à impact, c’est celle qui fait tout ça à la fois, et qui va même encore plus loin ! Le Mouvement Impact France définit 4 piliers :

  • Impact Social : en interne vis-à-vis de ses salariés et en externe avec des services et produits inclusifs
  • Impact écologique : engager une véritable transition en matière d’éco-consommation et d’écoconduite
  • Partage du pouvoir : transparence décisionnelle, gouvernance éthique, parité de genre et l’intégration de l’entreprise dans son écosystème territorial
  • Partage de la valeur : stratégie financière éthique, modes de gestions équitables et transparents  

Ces 4 piliers sont chapeautés par une stratégie à impact. C’est-à-dire que l’ensemble des activités de l’entreprise doit être tournée vers la poursuite d’un impact positif y compris ses activités commerciales.  

Une autre différence de l'entreprise à impact est d’intégrer le pilier de partage de la valeur. Cette dimension n’est intégrée ni dans les démarches RSE, ni dans les critères ESG, ni dans la plupart des missions que les entreprises se donnent. Le Mouvement Impact France en fait un pilier à part entière de l’entreprise à impact. Plusieurs critères ont été identifiés et peuvent s’appliquer à toutes les entreprises qui voudraient progresser sur leur partage de la valeur. Limiter la part des bénéfices qui est reversée sous forme de dividendes est un exemple d’action qu’une entreprise peut mettre en place. Autre action mise en place par une entreprise à impact pour mieux partager la valeur : la limitation des écarts de rémunération. Aujourd’hui encadré par l’agrément ESUS (entreprise solidaire d’utilité sociale), le Mouvement Impact France ambitionne d’aller plus loin en recommandant des écarts pouvant aller de 1 à 5 pour les TPE à 1 à 20 pour les plus grandes entreprises.  

Être une entreprise à impact, ce n’est pas une phrase ou un slogan en l’air, c’est un véritable engagement de toute l’entreprise au service de l’intérêt général.  

La Pyramide de l'Impact
pour situer son entreprise

Pour les entreprises qui ne soit pas nées avec l’impact au cœur de la stratégie et de l’activité, la transformation pour devenir une entreprise à impact nécessite un accompagnement et un travail de fond. Pour révéler votre impact, le Mouvement Impact France, testez votre Impact Score. L’Impact Score est composé de 20 indicateurs pour progresser et devenir une entreprise à impact.  

L’entreprise à impact, c’est aussi celle qui est membre du Mouvement Impact France : pour constituer un mouvement de dirigeants incontournables, peser dans les débats et faire entendre notre voix : celle des dirigeants et chefs d’entreprises engagés qui militent pour une autre économie.

Rejoindre le Mouvement Impact France
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