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25 mars 2026

Captage du méthane et cogénération d'électricité verte sur un site de traitement des déchets municipaux, la décarbonation comme générateur de bénéfices environnementaux et sociaux : le cas de Veolia

Captage du méthane et cogénération d'électricité verte sur un site de traitement des déchets municipaux, la décarbonation comme générateur de bénéfices environnementaux et sociaux : le cas de Veolia
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Le 29 janvier 2026, Impact France et Wavestone ont publié l’étude nationale « Valoriser économiquement l’engagement des entreprises »
Objectif : traduire les retombées économiques des actions sociales et environnementales des entreprises en coûts évités pour la société.
Parmi les sept études de cas analysées, celle de Veolia porte sur un enjeu écologique structurant : la captation du méthane et sa valorisation énergétique en cogénération.  

Un changement stratégique : de la gestion de masse à la création d'un nouveau levier de rentabilité

Présent sur les cinq continents, Veolia est une entreprise française spécialisée dans la gestion des ressources essentielles pour les villes et les industries. Elle intervient sur l’ensemble du cycle de vie des déchets, depuis leur collecte jusqu’à leur traitement final, en intégrant les étapes de recyclage et de valorisation. 

Dans le cadre de sa stratégie GreenUp, publiée en 2024, et de son engagement SBTi, Veolia a lancé un plan de décarbonation visant à augmenter de 50% d’ici 2030 (baseline 2023) les émissions effacées de ses clients (scope 4).  Cet objectif repose notamment sur l’amélioration du captage du méthane et sa valorisation énergétique du biogaz capté sur ses sites. Cette ambition est d’autant plus importante que la production mondiale de déchets ménagers, déjà responsable de 5% des émissions de GES, devrait croître de 70% d'ici 2050 selon la Banque Mondiale. Face à cette trajectoire, l'enjeu n'est plus seulement de gérer des flux de matières, mais de transformer radicalement le traitement des gaz issus de leur décomposition en un levier majeur de décarbonation.

Sur le centre d’enfouissement technique d’Iperó au Brésil, Veolia met en œuvre depuis 2021 différentes actions en ce sens : 

  • Des actions pour améliorer progressivement le taux de captage du méthane (cible de 80% d’ici 2027),
  • Une centrale de cogénération valorise le biogaz capté en électricité verte, permettant aux clients de Veolia de réduire les émissions associées à leur scope 2 en remplaçant de l’électricité produite à partir de centrales à gaz conventionnelles.

Dans ce contexte, la valorisation du méthane capté constitue un levier clé. Elle représente un double bénéfice : limiter les émissions de méthane dans l’atmosphère et substituer les énergies fossiles par du biogaz pour produire de l’électricité.

Valoriser monétairement l’impact climatique : du gaz capté aux dommages évités 

Pour quantifier les effets de l’action de Veolia sur ce site, l'étude s'appuie sur une comparaison entre : 

  • Une situation de référence : le site d’Ipéro, au Brésil en 2021, avec un faible taux de captage du méthane et une consommation d’électricité issues de centrales à gaz conventionnelles. 
  •  Un scénario de performance sur le même site en 2024, avec un taux de captage amélioré et la substitution de l’énergie fossile par de l’électricité verte produite sur place. 

Cette méthode permet de calculer le surplus de gaz capté et l'électricité verte produite. Ces volumes sont ensuite transformés en une valeur monétaire des dommages futurs évités grâce à la réduction des émissions aujourd’hui. 

L’étude évalue les coûts évités liés à l’action de Veolia en deux catégories distinctes : 

  • Les coûts évités par habitant desservi liés au bénéfice climatique direct, soit la réduction des fuites de méthane dans l’atmosphère, et 
  • les coûts évités par habitant desservi liés au bénéfice énergétique, soit la production d’électricité renouvelable qui remplace une production polluante. 

Pour traduire des tonnes de gaz en euros, l’étude se réfère au Coût Social du Carbone, défini par l’Environmental Protection Agency. On convertit donc les dommages évités par l’action de Veolia en euros, puis on ramène ce chiffre au nombre d’habitants concernés, soit le périmètre du site Ipéro. La méthode de comparaison “avant-après” permet d’isoler l’impact direct de l’entreprise.  

Monétariser le bénéfice social, 29 euros économisé par personne

L’étude montre que cette l’action de Veolia permet une économie de 29 euros par habitant desservi par le site d’Ipéro, traitant les déchets d’un million d’habitants.

Pour comprendre d’où vient ce nombre, il faut le décomposer en deux : 

  • Un gain sur le méthane : en 2021, le site ne captait que 32,5% du méthane produit par les déchets. En 2024, ce taux est monté à 65,5% grâce à de nouveaux équipements. On capture alors 10 000 tonnes de méthane au lieu de 4 000. Comme ce gaz est extrêmement contributeur à l’effet de serre (28 fois plus que le CO2), ce progrès technique évite d'énormes dommages environnementaux et sanitaires, ce qui représente une économie de 27 € par habitant.
  • Un gain sur l’électricité:  au lieu de simplement brûler le gaz capté, Veolia l'utilise comme carburant. Pour se faire, une centrale de cogénération transforme ce biogaz en 31 GWh d'électricité verte. Cette énergie est à comparer avec l’électricité produite par des centrales à gaz naturel classiques, s’appuyant sur des énergies fossiles polluantes. Ainsi, en utilisant un déchet local plutôt qu’un combustible fossile importé, on économise 2 € par habitant en coûts de pollution évités.

La somme de ces deux leviers illustre donc un total de 29 € de "coûts évités" par personne pour l'année 2024. Cet indicateur permet de monétariser la réduction des risques. Il transforme un impact écologique en un bénéfice économique concret pour la collectivité. En évitant des dépenses futures liées aux dommages climatiques et sanitaires, l'action de l'entreprise génère ainsi une valeur ajoutée nette de 29 € par habitant. 

Lien vers l’étude

Passer de la conviction à la démonstration, la preuve par les faits

Le cas de Veolia met en lumière un point clé : la décarbonation n’est pas seulement un impératif, c’est une source de valeur tangible, partout où elle est mise en œuvre.

Au Brésil, une action très concrète permet de réduire les émissions et de générer des coûts évités mesurables pour la société, estimés à environ 29 € par habitant desservis. Autrement dit, la transition écologique produit déjà des effets économiques réels, y compris dans des contextes industriels et géographiques variés.

L’enseignement est plus large : les solutions de décarbonation, lorsqu’elles sont déployées, créent des externalités positives objectivables, comparables et monétisables, quel que soit le territoire. C’est un changement de perspective : la décarbonation, partout où elle se déploie, est une valeur créée à reconnaître pleinement et à amplifier à l’échelle mondiale.

“Il est plus que jamais nécessaire de faire reconnaître par les acteurs publics et privé l'impact positif des solutions proposées et mises en œuvre par les entreprises. L'exercice de monétarisation des coûts évités n'en est bien sûr pas le seul moyen, mais c'est un moyen particulièrement efficace”
Pierre Yves Pouliquen, Directeur du Développement Durable de Veolia

*Les montants avancés sont des ordres de grandeur, construits à partir d’hypothèses transparentes et conservatrices, détaillées dans le rapport complet.

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