
Les acteurs économiques, politiques et citoyens sont unanimes : face aux crises à répétition et face à l’urgence écologique et sociale, nous avons besoin de développer une économie à impact et de changer ainsi notre modèle de développement.
Mais pour être à la hauteur des enjeux et lutter contre le green & social washing qui se développent, nous avons besoin de clarté et de volonté politique : ce n’est malheureusement pas ce qui est présenté aujourd’hui par le (re)lancement de la plateforme Impact.gouv
Devant l’ampleur du dérèglement climatique et face à l’aggravation des inégalités, la nécessité impérieuse de réformer l’économie a été entendue de tous, et c’est une avancée conséquente. Face à une telle urgence, la notion d’économie à impact, particulièrement en vogue, est sur toutes les lèvres.
C’est une chance car cette notion, venue du monde de l’économie sociale et solidaire, porte en elle par son niveau d’exigence et sa capacité transformatrice à grande échelle, la promesse d’une véritable transition écologique et sociétale de nos économies. Mais c’est aussi un danger, car, vidée de sa substance, et utilisée à tort et à travers, l’impact deviendra une notion floue, et incapable de répondre à la nécessité impérieuse de transformer nos économies.
L’économie à Impact, contrairement à la RSE, renvoie à la contribution de l’entreprise à la transformation juste et durable de l’économie et de la société. Elle combine en effet la recherche d’effets positifs (la contribution directe d’une entreprise à l’amélioration de la société en référence aux 17 objectifs du développement durable, aux objectifs fixés par l’Accord de Paris ou objectifs d’inclusion, d’emploi et de lutte contre la pauvreté) et la maîtrise de ses externalités négatives sur son environnement direct, naturel ou humain (ESG).
La plateforme Impact.gouv.fr clarifie-t-elle les choses et permet-elle d’engager plus d’entreprises dans une telle démarche, et donc d’avoir de l’Impact ?
Elle est un premier pas en ce qu’elle pousse les entreprises à révéler en transparence des indicateurs extra-financiers clefs, comme l’exigeront leurs futures obligations européennes.
Cependant :
Nous, entrepreneurs et dirigeants engagés, appelons donc à ce que la plateforme gouvernementale « Impact.gouv » voie son cadre clarifié et ses ambitions rehaussées pour encourager le développement de l’économie à Impact. Elle aurait alors toute légitimité pour devenir le cadre de référence à travers lequel la puissance publique pourrait réajuster les règles de compétitivité et faciliter l’émergence d’une véritable compétitivité sociale et écologique. Ainsi, elle ne resterait pas une initiative anecdotique, mais pourrait devenir un levier de la transformation des entreprises dont nous avons cruellement besoin.

Et si la commande publique devenait enfin un véritable levier pour les entreprises européennes qui investissent dans la qualité, l’innovation et l’impact ? Avec son projet de règlement sur les marchés publics présenté le 9 septembre 2026, la Commission européenne propose de changer la donne en renforçant la prise en compte du « Made in Europe » et des critères sociaux et environnementaux dans les règles d’attribution de la commande publique. Mobilisé de longue date auprès de ses dirigeants sur ce dossier, Impact France analyse les enjeux de cette réforme et formule ses propositions pour faire de la commande publique un véritable outil de transformation de l’économie européenne.

La Commission européenne a publié mi-septembre une étude inédite consacrée aux “Impact-driven businesses” pour évaluer la contribution de ces modèles aux priorités européennes, identifier les freins à leur développement et ouvrir la voie à de nouvelles politiques publiques spécifiques. Dans cet article, nous partageons notre analyse des enseignements de ce nouveau rapport européen et décryptons les choix opérés et les perspectives qu’il dessine pour le développement des modèles à impact.